Pourquoi les femmes ?

Je suis issue d’une famille dans laquelle il ne fait pas bon être une femme. La sensibilité féminine, la douceur, y sont perçues comme autant de faiblesses et de souffrances potentielles. L’histoire de quelques-unes a peut-être coloré la vie des suivantes. Un raccourci simpliste a inscrit au fil des générations cette vérité : c’est beaucoup plus facile d’être un homme, et beaucoup plus facile d’élever des garçons. Aussi dans cette lignée, les grand-mères souhaitent-elles des enfants mâles à leur descendance. Alors pour exister en tant que fille aux yeux des autres et faire ma place, il fallait que je sois la plus belle, la plus intelligente, celle qui réussissait le mieux tout ce qu’elle entreprenait. Une petite pression pour démarrer ? Je l’ai pris surtout comme un solide moteur pour avancer ! Je n’ai réalisé que bien plus tard les freins que cela avait créé en moi, et les croyances limitantes installées…
Etant parmi les meilleures sinon la meilleure j’ai eu le plaisir de travailler avec les meilleurs – souvent les meilleur-e-s d’ailleurs. Toutes ces femmes charismatiques, impactantes, intelligentes, m’ont appris que c’est plus dur lorsque l’on est une femme. A travail égal les compétences seront moins valorisées – c’est statistique – et des barrières inconscientes vont se lever : le « risque » de souhaiter et d’avoir des enfants un jour, une tendance à un leadership plus effacé, moins impactant, un naturel parfois plus discret, moins agressif… Il faut alors redoubler d’énergie pour remporter la confiance de ses pairs et gravir les échelons ; montrer son courage pour gagner en influence et s’émanciper, sans dévoiler ses émotions afin de ne pas être étiquetée « pleurnicheuse » ; jouer de séduction pour fédérer, comme le fait tout bon leader, au risque d’être cataloguée « aguicheuse »… Un enseignement de valeur… et en même temps si réducteur ! Des deux femmes les plus emblématiques dont j’ai suivi l’ombre – l’une cheffe d’entreprise innovante, pionnière dans son domaine, l’autre Directrice Générale dans un milieu plutôt masculin – leurs homologues hommes disaient : « Celle-là elle tient la route – elle en a ! ». Leur réussite aux yeux des autres passait par une « bonhommisation », jusque dans les attributs !!
Je ne peux ignorer le plafond de verre et les obstacles qui existent dans notre société. J’en ai souffert moi-même. Il y a les barrières que mettent ceux qui nous entourent et qui parfois nous veulent du bien : notre famille, nos amis, nos collègues… « Si tu t’investis trop qui s’occupera des enfants ? » « Tu n’as pas besoin de travailler autant, je rapporte l’argent du foyer… » « Tu ne devrais pas t’investir dans ce projet, ce sont des requins… » ; et surtout les barrières que nous mettons nous-mêmes. Par exemple savez-vous que pour postuler à un nouveau poste une femme devra considérer qu’elle doit valider chaque point de la fiche de poste, là où un homme estimera que si simplement un tiers des points est validé il peut candidater ? Et quel homme a craint un jour qu’on dise de lui qu’il a usé de ses charmes pour avoir sa promotion ? Les femmes souvent se mettent ces freins… Alors j’ai appliqué ce credo : toujours rester derrière l’homme qui décide, ou bien devenir cet homme… Et j’ai avancé avec succès sur différents postes à responsabilité.
Mylène qui sourit
En 2014, lorsque mon emploi m’a quittée – coup du sort et coup de chance, j’ai saisi l’occasion d’une formidable conversation avec moi-même. Continuer dans ce que je savais faire, ou prendre le risque du changement ? J’ai réalisé que ce qui m’importait le plus était de découvrir les personnes avec lesquelles je travaillais, de comprendre leurs envies, leurs freins, et d’aider à lever leurs blocages pour les reconnecter à leur motivation… J’ai décidé alors de mettre mes capacités et mon savoir-faire au service de cette matière si belle et si complexe qui me passionne : l’Humain. Parallèlement à ce choix d’accompagner les autres, mon parcours personnel m’a permis d’ouvrir les yeux sur ce que je vivais sans en avoir conscience : je me mettais moi-même dans une case aux bords épais en tant que femme, et j’autorisais ainsi les autres à le faire. Comment le leur reprocher si je n’assumais pas moi-même ma sensibilité et ma créativité ? Je me refusais une ambition que je sentais pourtant en moi, au prétexte que peut-être je n’y avais pas droit, ou que je n’étais pas assez compétente.

Ma relation à ma mère et aux femmes influentes de mon entourage, des épreuves personnelles – telles qu’un accident qui a figé ma mère dans son corps, des naissances complexes, une grande déception professionnelle, ou le regard de mes filles sur moi (tiens, j’ai eu deux filles?), m’ont permis de prendre de la hauteur et de me remettre au centre de ma vie, en tant que femme.

Et s’il était possible de se sentir épanouie et performante, étant femme ? Et si on méritait toute de vivre notre féminité en conscience de la différence positive qu’elle peut faire ? C’est une énergie autre, un potentiel insoupçonné, une intuition particulière, une créativité affirmée qui permet d’avoir confiance en soi et de bâtir ses rêves et ses projets en tombant les masques !

Aujourd’hui c’est ce que je veux : permettre à toutes les femmes ambitieuses que j’accompagne de se reconnecter à elles-mêmes, et de devenir celles qu’elles sont au cœur d’elles-mêmes : fortes et sensibles, perspicaces et intuitives, influentes, impactantes, et inspirantes ! Parce que vous méritez toutes de prendre votre place, votre juste place… Je veux vous faire rayonner !

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